Expositions / Œuvres visuelles

Sophie GILMET

LIEUX Paysages, architectures, visages et tableaux

  Artiste plasticienne

   Vit et travaille à Nantes depuis 2004

   Née en 1965 à Meulan (78) 

   Études à l’école des Beaux-Arts de Caen (1983-1986)

   et  à l’école des Beaux-Arts de Bordeaux (1999-2002) 

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  pour montrer l’ensemble de ce travail 

   intitulé LIEUX, paysages, architectures, visages et tableaux

   comprenant actuellement 21 pièces.

   Veuillez consulter le catalogue exhaustif en pièce jointe.

   Contact : 06 80 67 48 66 - 

 

« …Et les choses les plus belles, au fond 

Restent toujours en suspension…»

(Christophe, Le tourne-coeur) 

Le travail de Sophie nous place devant une double énigme. Quel est le statut des oeuvres montrées ? Qu’est-ce que ce travail nous présente? 

On oscille entre plusieurs catégories : sculptures, objets, jeux, maquettes pour des projets d’architecture ou de scénographie ? Nous sommes face à des espaces construits, à un travail qui semble figurer quelque chose. Cette figuration incertaine, si elle offre une multitude de projections, introduit également une forme d’étrangeté. Les différentes pièces qui forment le travail sont de dimensions relativement petites, souvent présentées juxtaposées, parfois décollées du plan sur lequel elles sont posées (une planche de contreplaqué à hauteur de table). Le choix de ce mode de présentation et la forme itérative du travail nous incitent à reconsidérer notre positionnement, à prendre en compte un ensemble, à nous déplacer d’une proposition à une autre, à regarder les voisinages. 

Les pièces sont fabriquées avec des matériaux hétérogènes, discrets. Cette matérialité douce les éloigne d’une dimension fétichiste. C’est avant tout l’utilisation de la couleur, des formes et des volumes qui nous permettent d’éprouver ces espaces. L’artiste parle à propos de son travail de «lieux», de «paysages». C’est le terme d’endroit qui vient à l’esprit car le travail, associé à une forme de toponymie (chaque pièce étant désignée par un prénom), montre des parties déterminées d’espaces. Ces endroits semblent se situer hors temps, dans un temps arrêté, immobile, comme des espaces en jachère. Ont-ils une histoire ? Sont-ils promis à un devenir ? Il est difficile évidemment d’y répondre, ces questions restent suspendues pour le spectateur. Le travail de cette artiste met en forme des suspensions, suspensions du temps, suspensions de l’espace, à contretemps de notre époque qui adopte la vitesse comme horizon. 

Bien que nous ayons affaire à des propositions en trois dimensions, il y a dans ce travail une dimension picturale et un lien assez fort à l’image. La couleur, présente, mais utilisée avec économie sous forme d’espaces colorés lisses, de «polychromie tranquille», évoque différentes températures et, s’agissant de «volumes», joue avec la lumière du lieu où elle se situe. On pense, par exemple, au climat de certaines peintures de Giorgio de Chirico. On pense aussi à l’univers du peintre Gilles Aillaud que l’artiste évoque à propos de phénoménologie ou quand il s’agit de donner la parole aux choses. En l’absence d’identité ou de référent immédiat, ce qui est sensible et visible dans le travail de Sophie Gilmet, plus que la présence d’un éventuel décor, c’est une forme de réalité déréalisée.

Michel Guillet

 

 

Scénographies sans objet 

Paysages, architectures, visages et tableaux 

Le travail de Sophie Gilmet montre des pièces s’apparentant à des maquettes, il montre des lieux. 

Ces maquettes ont une échelle incertaine, elles produisent une déréalisation des espaces, une mise à distance du spectateur ou plus exactement une forme d’éloignement. « Des espaces vus du ciel » nous dit Sophie Gilmet, non sans humour, nous comprenons clairement que nous ne sommes pas dans une proposition immersive. 

Même si le travail emprunte aux conventions esthétiques de l’architecture, la décontextualisation de ces lieux nous éloigne d’une identification possible, les maquettes se perçoivent comme des « non- lieux », alors que fosses, rampes, pentes et fondations offrent des espaces de projections mentales, des potentialités de récits. Dépourvus de présence humaine, inhabités, ces lieux ne nous semblent cependant pas étrangers. Ils se présentent comme des images, font appel à des souvenirs chez le spectateur. Chaque pièce est un focus, une concentration avec des indices, des micro-évènements, une partie choisie, découpée, cadrée comme pour une prise de vue, composée comme un tableau. 

Chaque pièce semble en retrait de la réalité, elle est autonome, une île qui possède sa propre identité, porte un prénom. Elle peut sympathiser avec d’autres, mais nous ne sommes pas pour autant dans l’espace de la série. Avec un prénom comme titre, il s’agit d’engager le spectateur dans une relation subjective avec chacune d’entre elles, le prénom joue comme espace de projection et se confronte à la proposition. 

Ces lieux qui nous apparaissent comme silencieux, sourds, atemporels, désertés, ou dans un temps suspendu, sont habités par la couleur, cette couleur participe à l’identité de chaque proposition, elle nous éloigne d’une lecture archéologique ou temporelle du travail, elle est affirmée, présente, sectorisée, non enfouie. La couleur ne figure pas une réalité, elle est posée sur les espaces pour les éclairer, elle est utilisée pour son pouvoir d’évocation et fait l’objet d’une attention particulière, d’un choix précis. 

Si l’on considère la maquette comme un espace de figuration ou de représentation du réel, d’un projet ou d’une utopie, de quel réel, de quel projet ou de quelle utopie s’agit-il ici ? En fait, il s’agit de confronter l’épaisseur de la maquette, ses potentiels de crédibilité, l’idée de construction, à l’absence de projet, à l’absence de sujet. Aussi, nous ne sommes pas dans la sculpture, même dans sa dimension minimale. L’élaboration sans sujet, sans projet constitue l’élément fondamental du processus de création de l’artiste. 

Ces « constructions » produisent alors un espace qui figure un lieu à la fois « objectif » et mental. 

Pascal Raguideau

 

 

 

Ils ont fait appel à nous: 
  • Expo 2015 • Sans projet - 53, quai de La Fosse - Nantes
  • Expo 2015 • Des lieux - Atelier Virgule - Pol’n - Nantes
  • Expo 2003 • Dans l’inframince - Photographies numériques - Galerie Triptÿque - Bordeaux
  • Expo 2001 • Des objets qui parlent - Installation - Ecole d’Architecture et du Paysage - Bordeaux
  • 2000 : Estampes & livres d’artiste - Galerie A Tempera - Bordeaux • 1998 : Cour de Justice Européenne - Luxembourg • Galerie de l’Hôtel de Ville - Stadtbrédimus - Luxembourg • 1997 : Festival d’Art - Grevenmacher - Luxembourg • SAGA (salon de l’estampe) - Galerie Hélios - Paris • 1996 : Salon du Multiple - Galerie Hélios - Düsseldorf - Allemagne
  • COMMANDE PUBLIQUE • 1989 : Artothèque de Caen • 1992 : Caisse des Dépôts et Consignations • 1994 : Amis du Musée des Beaux-Arts de Caen pour la Collection Mancel • 1996 : Création de six estampes pour les visuels de communication et la carte de voeu du Théâtre de Caen - saison 1996/1997